La photo… et après?

Opinions et trucs sur le monde de la photo.

 

Prêt comme un scout

 

Quoi de plus énervant que quelqu’un qui veut vous prendre en photo dans un endroit touristique, puis qui ne sait pas où vous placer. Tasse à gauche. Non, plus à droite. Recule de trois pas… Certaines danses sont plus simples à apprendre!

Quand vous demandez à un sujet de se placer pour une pose (ce qui inclut votre conjoint pendant vos vacances en République Dominicaine), sachez exactement où il devra se placer. Non seulement ça accélère le processus, mais votre sujet sera plus coopératif et donc, plus dispo à vous donner son magnifique sourire.

Lorsque vous avez trouvé l’endroit pour faire la photo, observer rapidement les alentours. Regarder l’éclairage, l’arrière-plan. Bref, votre photo doit déjà être « faite » dans votre tête. Il ne reste plus qu’à y ajouter votre sujet, et… cheeze!

 

Minimaliste… ou simpliste?

 

Pour vos photographies de portrait, gardez ça simple. Plus vous voulez mettre d’éléments dans votre arrière-plan, plus vous voulez ajouter de l’éclairage artificiel (flash), et plus vous allez vous confronter au facteur X. C’est-à-dire que plus cette petite chose à laquelle vous n’aviez pas pensé va arriver.

Autant que possible, servez-vous de l’éclairage ambiant.

Vous désirez avoir une mémorable photo de votre petite dernière et de sa belle bette? Mettez là devant un mur uni, d’un ton pastel. Ou devant un rideau uni. C’est sourire que l’on remarquera à coup sûr, et non l’émission de télé qui jouait en arrière-plan!

 

Pas d’yeux rouges

 

Certaines caméras sont munies d’un dispositif anti-yeux rouges. Le principe est simple : une série de puissants prééclairs fait fermer l’iris des yeux des sujets, ce qui empêche les yeux rouges.

Le problème, c’est que cette fonction incommode beaucoup les gens, particulièrement les personnes âgées ou ayant des problèmes avec leurs yeux. Et comme les sujets ne s’y attendent pas, ils font souvent, par réflexe, fermer les yeux (pour se protéger des éclairs) au moment de la photo. On ne voulait pas d’yeux rouges, et on n’a pas d’yeux… du tout!

Un truc fort simple : demandez à vos sujets de regarder une source lumineuse comme une ampoule au plafond pendant une dizaine de secondes. Le résultat est généralement plus efficace, à la condition de prendre votre photo immédiatement après. Surtout, il suscite moins d’inconfort.

P.-S. N’oubliez pas de désactiver la fonction « yeux rouges » de votre appareil!

 

Il pleut bergère

 

Il se met à pleuvoir en pleine partie de golf. Comme c’est dommage, vous qui aviez promis à votre boss d’immortaliser sa performance sur le par 5. Mais au fait, une photo de votre boss tout détrempé pourrait être un argument de négociation à la prochaine augmentation! Le seul problème, vous ne voulez certainement pas risquer de mouiller votre caméra, ce qui rendrait l’augmentation caduque!

Le truc simple est le bon vieux sac à sandwich de type Ziploc. Il suffit d’en traîner un dans ses poches. Lorsque la pluie arrive, on y glisse la caméra, on déchire un petit coin du sac par lequel sortir l’objectif (déchirer juste ce qu’il faut), et hop!, la photo du boss est prise!

Ce truc est aussi utile l’hiver (en ski ou en raquette) lorsqu’il neige. Votre caméra étant bien au chaud, la neige tombant dessus va fondre et devenir de l’eau… qui risque de geler lorsque l’appareil va se refroidir, et endommager ses mécanismes.

Par contre, ce truc est à déconseiller à la plage, où les petits grains de sable sont si fins qu’ils pourront pénétrer dans le sac, et y rester en compagnie de votre appareil.

 

C’est quand la prochaine photo?

 

Les caméras modernes sont non seulement performantes, mais aussi très… compactes! Pourquoi ne pas toujours en traîner une avec vous? Et je ne parle pas ici des caméras incorporées aux téléphones portables. Mais d’une bonne petite caméra compacte.

Vous n’avez jamais idée de quand sera la prochaine prise. Tantôt cocasse, tantôt pratique (témoin d’un accident sur le coin de la rue? Offrez vos photos en preuve!), tantôt inspirant (quel magnifique coucher de soleil!).

Certains modèles sont résistance à une chute de 5 mètres sur le béton, et à une profondeur de 5 mètres sous l’eau. Non, vous n’avez plus d’excuses!

 

Foyer décentré

 

Ça y est! On vous a convaincu que les meilleures compositions d’images étaient celles où votre sujet n’occupait pas le plein centre de l’image, mais était plutôt décentré légèrement. Mais voilà le problème : votre sujet occupe la partie droite de l’image, et la foutue caméra ne cesse de faire son foyer sur l’arrière-plan, rendant votre sujet flou. Comment faire?

Votre caméra fait généralement son foyer sur le point situé directement au centre de l’image. Placez ce point sur votre sujet, puis appuyez à mi-course seulement le bouton du déclencheur. Maintenez ainsi le déclencheur, refaites votre cadrage, et enfoncez le bouton jusqu’au bout pour faire la photo! Lire la suite »

 

Mode portrait… pour le portrait!

 

À moins de faire une photo de groupe, n’hésitez pas à tourner votre caméra à la verticale (mode portrait) pour prendre des photos d’une seule personne. Votre sujet sera moins « perdu » dans l’arrière-plan.

 

À bas Photoshop!

 

La retouche photo est une technique aussi vieille que la photographie elle-même. Jusqu’à il y a une dizaine d’années, le public en général ne savait que très peu de choses sur la manipulation de photo, si ce n’est que des photographes jouaient avec des « chimies » dans des « laboratoires » sans lumières, et que des graphistes faisaient de toutes aussi obscures manipulations sur des ordinateurs.

Puis, vint l’accès grand public à des logiciels d’édition numérique, dont le plus connu, Photoshop. Rapidement suivit par la démocratisation de la photographie avec la venue du numérique. Et voilà que du jour au lendemain, des millions de personnes à travers le monde se sont exprimés : mais c’est de la fraude! On a retouché l’image!

Hé oui! On a retouché l’image… Et après? On l’a toujours fait! Les magazines qui publient des photos non retouchées ne sont plus de ce monde. Les agences de voyages qui vous présentent des photos non retouchées dans leur dépliant ne sont plus en affaire.

Là où ça fait mal.

Ce qui a choqué l’opinion publique, c’est d’apprendre que pendant tout ce temps, il a été berné. Enfin, est-ce réellement être berné? Soudainement, les seins d’une actrice, les jambes d’un acteur et les spectaculaires paysages d’une brochure ne sont plus réels. C’est ça qui fait mal à apprendre.

Du côté des photographes, ce qui fait le plus mal, c’est que le public n’a pas su faire la différence entre retouche et trucage. Et la différence est parfois bien mince. Tellement mince, que la ligne se trace selon la moralité de chacun.

Retouche

La retouche d’une photo est tout ce qu’il y a de plus normal pour tous les professionnels de l’image. Leur but est simple : proposer la meilleure image possible. La caméra, les filtres devant les lentilles et Photoshop sont des outils qui permettent de faire des retouches. De façon générale, on admet que la retouche photo est la modification des niveaux de la photo, en tout ou en partie.

Une photo de plage avec un ciel bleu azur peut avoir été faite de différentes manières : ajout d’un filtre polarisant sur la lentille, ajout d’un filtre teinté bleu semi-transparent, photographie High Dynamic Range (HDR), exposition multiple. Dans cette liste, aucun moyen informatique n’a encore été nommé. Comment les pourfendeurs de la droiture qui s’élèvent contre la retouche photo classeront-ils cette photographie? L’augmentation de la saturation du bleu au moyen de l’ajout d’un filtre sur une lentille est-il moralement plus acceptable que l’augmentation de la saturation dans Photoshop?

Il existe aussi un grand paradoxe dans le monde de la photographie numérique. Certains puristes ne jurent que par le format RAW, qui est un format de données brutes, sans aucune intervention du processeur de la caméra. Ce format est non seulement « non compressé », mais on s’assure que les réglages de la caméra (décidé par les ingénieurs du fabricant) ne modifient pas les caractéristiques de l’image. Or, pour justement pouvoir voir une image RAW, le photographe doit faire des ajustements dans un logiciel (comme Photoshop)! Autrement dit, ces puristes de l’image se contraignent eux-mêmes à faire des retouches. Pour ceux d’entre eux qui se révoltent dès qu’ils entendent parler de retouche, je les plains.

Et que dire de la chambre noire? Du temps de la photographie argentique, le développement se faisant en chambre noire, on tirait autant de copie que nécessaire en modifiant chaque fois les chimies de développement pour obtenir le meilleur résultat possible. Donc, on faisait des retouches! Sauf qu’ici, c’était soit le photographe lui-même qui effectuait ces réglages (pour une très petite minorité), soit un technicien de laboratoire, pour le grand public. Mais comme personne ne connaissait le processus, personne ne s’en offusquait…

Trucage

La démocratisation des logiciels de retouche (qui va toujours en s’accentuant grâce aux logiciels libres comme GIMP) permet aujourd’hui aux plus néophytes de modifier à leur guise une image, sans notions graphiques préalables. Bref, ça leur permet de truquer une image, soit d’y ajouter ou enlever des éléments.

Faire un trucage est-il moralement plus acceptable qu’une retouche? Encore faut-il savoir comment on nous présente ledit trucage. Si on affirme que la photo est originale, c’est-à-dire qu’elle nous est présentée telle qu’elle a été prise, alors il y a fraude morale. On nous ment. Mais si la personne admet d’amblé que la magnifique image qu’elle nous propose est truquée, alors pourquoi cette image devrait être remise en doute sur le plan artistique?

Le mot trucage déplait parfois, alors on utilise des termes plus génériques, comme représentation, photographie artistique ou montage. C’est du pareil au même. S’agit de ne pas choquer les gens. Une choucroute est certainement un met plus appétissant que du chou qu’on a laissé macérer dans des excréments lactiques de bactérie pendant des mois. C’est pourtant la même chose!

La juste valeur

Avec la découverte de la retouche photo et son association injustifiée à la tromperie, on a malheureusement balayé sous le plancher un art à part entière. Le métier de graphiste ou de photographe graphiste est un métier en soi. Les grosses boîtes de production ont un département de retouche bien séparé de celui de la photographie. Pour qu’un photographe professionnel remette l’ensemble de son travail entre les mains d’une tierce personne, le graphiste, la confiance doit être totale. Et inversement, le graphiste doit pouvoir décoder la photo de la façon que le photographe l’a fait, afin de la rehausser.

Les graphistes ne sont pas des amateurs, loin de là. À preuve : la plupart du temps, les photos ne semblent même pas retouchées! Voilà un signe d’excellence. Lorsqu’un médecin vous guérit, lorsqu’un garagiste répare votre véhicule, lorsqu’un menuisier vient chez vous, et qu’après leur intervention, tout semble magnifique comme si ça avait toujours été comme cela, n’est-ce pas remarquable? Le graphiste est aussi de ceux-là. Ceux dont la perfection du travail le rend invisible. Et cette perfection à un prix, souvent basé sur un talent inné, développé au fils des apprentissages et des ans. C’est là sa juste valeur.

Une image pour ce qu’elle est

Finalement, lorsque nous regardons une image, que voulons-nous voir? Une belle image. Point. Qu’elle ait été retouchée ou non m’importe peu. Si elle a été effectivement retouchée et que je le sais, alors je ne peux que m’incliner devant le talent de celui qui a pris l’image, et de celui qui l’a retouché.

Reste que la frustration derrière la retouche photo est compréhensible. Cette conscientisation nous fait maintenant admettre que cette sublime femme aux formes généreuses que nous voyons sur papier glacé, à la peau veloutée et aux lèvres parfaites n’aura jamais existé… que sur ce papier photo. Frustrant, hein?

 

Au niveau!

 

Rien de plus agaçant qu’un horizon croche. Comme si le photographe était sur un bateau tanguant en haute mer!

Pour vous assurer que votre caméra est droite, ne vous fiez pas aux lignes horizontales, mais plutôt aux lignes verticales (édifices, etc.).

 

Douces mémoires

 

Lorsque vous racontez votre dernier voyage en train, en Autralie ou votre tour de la Gaspésie, de quoi parlez-vous? Des verts sommets des montagnes? Des vagues déferlants sur la plage? Généralement non. La plupart de vos récits de voyage parlent de la mémoire de vos sens et de vos émotions. Les repas que vous avez mangés, les gens que vous avez rencontrés, la chambre de la charmante auberge où vous avez dormi.

Ce qui manque souvent dans un album photo de voyage, c’est justement ce type de photo. Une assiette bien présentée dans un restaurant, les gens d’un village local, l’intérieur de la chambre de l’auberge (et pas seulement la façade de l’édifice).

Soyez connecté sur ce que vous vivez, et pensez à le photographier. En plus des savoureux détails de votre voyage, vos auditeurs pourront aussi y mettre une image!